QUELQUES-UNES DE NOS RÉCENTES MAUVAISES HUMEURS

 

 

 

LA DOUBLE CASQUETTE DE MONSIEUR VALLETOUX - PUBLIÉ LE 25/11/2016

 

IMAGINEZ LE "PATRON" DU LEEM EN PORTE-PAROLE DE JEAN-LUC MÉLENCHON

A force de m’étonner, de m’interroger, de regretter ou parfois de dénoncer, certains d’entre-vous finiront peut-être par me prendre pour un ayatollah, un obsédé du conflit d’intérêt, un excité du « Y’a pas un petit soucis, là ? ». Peut-être … Mais tant pis ! Car, en découvrant le programme de la dernière conférence EcoSanté organisée, hier, par le quotidien Les Echos, je n’ai pu m’empêcher, tout en me grattant la pauvre tête, déjà torturée par une longue journée de travail entièrement dédiée au bonheur de mes abonnés (c’est la période de quelques gros renouvellements … donc, j’insiste !), de m’écrier (ou presque mais pour la dramaturgie du moment et de ce qui suit, c’est quand même mieux si je prononce ces mots avec force), donc : « Y’a pas un petit soucis, là ? ». Profitant logiquement de l’actualité politique, Les Echos avait donc choisi de centrer les débats proposés hier sur le thème : «  La Santé au cœur du débat Présidentiel ». Facile certes, mais efficace, probablement, à condition de dégotter quelques bons clients pour intervenir au pupitre. Sous le titre « Quelles réelles réformes de structures pour améliorer l’accès aux soins », Les Echos avait donc demandé à quelques « représentants » de candidats, probables ou supposés, de s’exprimer et de revenir sur les programmes de leurs champions respectifs. Sans surprise, l’éventuel candidat Socialiste ou apparenté, même si on ne connaît pas encore son nom, était ici défendu par Gérard Bapt, député PS, habituel Monsieur Santé du groupe parlementaire auquel il appartient et au sein duquel il siège depuis … 1981 (avec tout de même une petite interruption, entre 1993 et 1997). Autant dire que l’élu de la Haute Garonne a bien fait de choisir, pour servir de fil blanc à son action d’élu, le thème de la Santé plutôt que celui du renouvellement du personnel politique. Pour sa part, Marie-Christine FAVROT, professeur de médecine et cancérologue, défendait hier les propositions supposées d’un parti … qui n’aura probablement pas de candidat, à savoir les centristes de l’UDI. Au moins, Marie-Christine FAVROT aura t-elle pu s’offrir, en ce jeudi, une petite escapade loin du Conseil Economique Social et Environnemental au sein duquel elle siège et sur les bancs duquel on trouve parfois, en passant l’aspirateur, quelques ex-personnalités désormais oubliées et qui, elles-mêmes, ne savent pas toujours ce qu’elles font là (sinon à chaque fin de mois, … mais évitons le populisme facile) ! D’où la nécessité de s’aérer de temps à autre.  

JUVIN AVEC SARKO ‘FOR EVER” ET “JE KIFFE PÉJU” POUR VALLETOUX
Le Dr Philippe Juvin, Membre des Républicains, Président à vie du fan club de Nicolas Sarkozy, admirateur enthousiaste de l’ex-Président de la République et donc, pas rancunier pour un sou,  lui qui ne s’est jamais véritablement remis d’avoir manqué le Ministère de la Santé en 2007, le Dr Philippe Juvin, donc, figurait également à la tribune. Mais alors, me direz vous (si, si, ça m’arrange, compte tenu du déroulé de mon propos), qui donc avait la charge de défendre les propositions d’Alain Juppé ? Et bien justement, c’est à cet instant que j’hurle mon désormais légendaire  «  Y’a pas un petit soucis, là ? ». Car voyez-vous, et même si le programme précise qu’il était présent en tant que Orateur National dans l’équipe du Maire de Bordeaux, c’est tout simplement la Président de la FHF, la Fédération Hospitalière de France, Frédéric Valletoux qui avait enfilé le dossard fameux « Je kiffe PÉJU » (vous aurez compris, j’espère, qu’en réalité, il ne portait pas le TShirt désormais collector, … mais une fois de plus, pour mon déroulé, c’est quand même mieux !). Certes, l’homme est politiquement engagé, et n’en fait pas mystère. Mais faut-il lui rappeler que la puissante Fédération qu’il dirige se doit de représenter l’ensemble du paysage hospitalier public de notre pays ? Et que la question de l’hôpital n’est pas tout à fait mineure dans le programme de réformes structurelles attendu de la part des candidats. Et si vous ne voyez pas en quoi la présence de Monsieur Valletoux pose problème, imaginez qu’à ce même débat, le représentant du candidat Jean Luc Mélenchon ait été … Patrick Errard, Président du LEEM ! Certes, notre première réaction serait peut-être de l’étonnement face à la nature de cet engagement politique (il paraît que Patrick Errard a, le jour de son élection à la tête du Leem,  officiellement demandé à la Cellule de Champigny sur Marne que sa carte de membre actif de la Ligue Communiste Révolutionnaire soit discrètement détruite et que soient brûlées les photos le représentant, en 1982, au séminaire annuel des phalanges Marxistes Léninistes, à Saint Denis,  foulard rouge sur le visage, casque de moto sur la tête, brandissant un étendard floqué d’un « Marx, Engels for ever, Pendons tous les patrons ! ») (lol, bien sûr, … pour les plus sérieux et crédules d’entre vous ).

UNE QUESTION PERMANENTE :AU NOM DE QUI PARLE T-IL ?
Mais, rapidement, vous considéreriez, avec raison, la position du patron du LEEM comme pour le moins inconfortable, pour lui, peut-être, mais pour vous sûrement, étant alors représenté par un responsable dont vous sauriez plus s’il s’exprime en votre nom ou en celui de son champion et de son camp politique. Cas pratique : Ce matin, dans les pages du Figaro, le même Frédéric Valletoux réagit très négativement à l’annonce faite par Marisol Touraine d’augmenter le numerus clausus afin d’augmenter de 11% le nombre de médecins formés. Certes ! Mais au nom de quoi le fait-il ? Dans le cadre de la défenses des intérêts de l’hôpital public ou bien dans la volonté de promouvoir les solutions de son champion, Alain Juppé (mais alors, qu’il fasse vite !) ? La « vertueuse institution hospitalière » gagnerait probablement à copier un le « cynique lobby des labos » dans ses principes d’indépendance politique. Et Frédéric Valletoux devrait clarifier sa situation en évitant ce mélange des genres généralement reproché à l’industrie.
 

 

 

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